SOUTIEN DES COMMISSAIRES EUROPÉENS À LA PRESSE QUOTIDIENNE
Le 8 novembre 2011, l’ENPA (Association européenne des éditeurs de journaux) a fêté ses 50 années d’existence. A cette occasion, elle organisait un congrès à Bruxelles où plusieurs membres de la Commission européenne se sont exprimés sur leur vision de la presse quotidienne et de l’information en ce début de 21ème siècle.
Dans son discours d’ouverture de la conférence, la Vice-Présidente de la Commission et Commissaire à la Justice, Viviane Reding, a insisté sur le rôle d’une presse professionnelle dans la formation de citoyens informés et engagés en Europe : “Il n’y a rien de tel qu’une presse forte pour assurer la vigilance des politiciens et garantir la bonne gouvernance » a-t-elle dit. “Les journaux sont tout aussi pertinents aujourd’hui à l’ère numérique qu’ils l’étaient il y a 50 ans. Ils sont, au niveau européen également, le “quatrième pouvoir” agissant comme un contrôleur de l’exécutif, du législatif et du judiciaire » a ajouté Viviane Reding.
Le Président Barroso a estimé dans son allocution que « La liberté d’expression et la liberté de la presse sont deux libertés non-négociables qui se situent au cœur-même de nos sociétés démocratiques. Elles sont des valeurs centrales essentielles de l’Union européenne et vous pouvez être assurés que la Commission continuera à les défendre avec vigueur. »
Dans son discours de clôture du Congrès, le Commissaire Michel Barnier, responsable du Marché intérieur et des Services, a mis en évidence la valeur du contenu créatif et la nécessité de promouvoir des business models payants dans l’environnement numérique également. Pour le Commissaire Barnier, « la presse écrite doit continuer sa mutation, en inventant de nouveaux modèles économiques pour s’adapter aux changements technologiques et aux nouveaux modes de consommation, tout en gardant sa caractéristique principale: la qualité. » Afin qu’Internet puisse être une chance et non une menace, Michel Barnier a indiqué vouloir mettre en place un cadre juridique adapté permettant « d’inventer de nouveaux modèles économiques » et de « garantir un futur prometteur pour la presse, sous forme de journaux comme en ligne. » Ceci passe notamment par une meilleure mise en œuvre de la protection du droit d’auteur qui « n’est pas un outil de verrouillage [mais] un levier de dynamisme et de compétitivité, qui suppose que tous les créateurs – journalistes, photographes, éditeurs – soient rémunérés. Protéger ce droit est indispensable pour permettre aux éditeurs de fournir du contenu de qualité, de protéger l'indépendance de la presse, de développer de nouveaux modèles économiques et de nouveaux services (…) » Dans ce cadre, Michel Barnier a estimé que « les agrégateurs d’informations devraient toujours demander l’accord des éditeurs avant de reprendre leurs articles. »
Le Commissaire Barnier a également indiqué que la différence de TVA actuelle entre les publications papier, qui bénéficient d’un taux réduit, super-réduit voire nul, et leurs équivalents numériques, taxés au taux standard, était « difficilement compréhensible ». Il a ajouté « A titre personnel, je suis favorable à ce que le cadre en vigueur pour la presse papier puisse s’appliquer à la presse numérique. »